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04/02/2016

Le spectacle de magie (fin)

Voici la dernière partie du spectacle de magie… Où nous découvrirons que ce que nous croyons personnel et sans conséquences ne l’est pas tant que ça… Où nous apprendrons comment Elizée voit sa vie privée étalée devant tous… Où nous comprendrons pourquoi elle ne met pas de photos de son petit–fils sur le net pour vous les montrer, même si elle trouve que c’est le plus beau et le plus extraordinaire des petits garçons… Où l’on saisira enfin en quoi ce long récit sur le spectacle de magie a un rapport avec les poupées (bien que non voulu) et trouve donc sa place sur ce blog…

Venez, venez, mes chers amis, vous asseoir une dernière fois à mes côtés dans ce théâtre pour assister au moment le plus palpitant du spectacle de magie auquel je vous ai convié cette semaine ! Accrochez-vous à vos sièges et préparez vos mouchoirs, car vous allez être très secoués…

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Pendant que nous assistions aux tours de magie que je vous ai racontés précédemment, un des magiciens a pris des photos du public, certainement pour un album de souvenirs, avons-nous pensé candidement. Et nous avons donc souri, et même fait de petits signes d’amitié ! Mais soudain, à la suite d’un tour de prestidigitation habile que nous applaudissons avec plaisir, la lumière change, et l’écran s’éclaire sur la droite de la scène.

Encore un film ? Non, cette fois, c’est un portrait qui s’affiche. C'est celui d'une personne qui est dans la salle, apparemment, puisque j’entends quelqu’un qui réagit en se reconnaissant. Les magiciens se sont regroupés autour d’une sorte de boule de cristal moderne, à savoir un ordinateur portable : penchés au-dessus de l’écran, éclairés par la lumière qu’il renvoie, les voilà qui déchiffrent, non pas l’avenir, mais les traces du passé, laissés sans le savoir sur Internet par le spectateur dont le portait est affiché… Son nom, son adresse, son métier, les achats qu’il fait en ligne, les films qui lui plaisent,… Le pauvre spectateur ne peut qu’acquiescer : oui, c’est bien son nom, oui, c’est bien ce livre qu’il vient de lire, oui, il possède bien telle voiture qu’il vient d’acheter, alors qu’avant il avait une moto, et oui, il a choisi telle assurance… Nous sommes tous partagés entre l’envie de rire et l’inquiétude : nous comprenons qu’un logiciel de reconnaissance faciale est utilisé, mais comment peut-il livrer tant de renseignements ?

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Plusieurs portraits s’affichent les uns après les autres, et à chaque fois, des morceaux entiers de la vie des personnes choisies sont dévoilés : et comme nous sommes dans une petite ville, et que parmi les spectateurs il y a plusieurs de mes amis ou connaissances, j’apprends où mon ami Joël (dont l’image vient de s’allumer sur l’écran) est parti en vacances ces dernières années et où il compte partir l’été prochain… J’apprends que mon amie Michèle aime les romans policiers et que si elle cuisine de si bons gâteaux, ce n’est pas grâce aux recettes de sa grand-maman : elle récupère ses recettes sur Internet, la coquine !
C’est drôle, bien sûr, mais nous rions jaune, car nous sommes un peu gênés : on a l’impression de devenir les voyeurs de la vie des autres, alors qu’ils n’ont pas choisi de nous la montrer…

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Soudain, mes chers amis, une chose extraordinaire se produit : la photo d’une petite dame brune à lunettes apparaît sur l’écran. Une personne s’agite à quelques fauteuils de ma place, c’est elle ! Le magicien annonce : « Bonjour madame, vous vous appelez Elizée Poupées, n’est-ce pas ? »
Gloups ! La photo n’est pas la bonne, mais le nom, c’est le mien ! (Bon, il ne dit pas : « Elizée Poupées », bien sûr, mais mon vrai nom que je ne tiens pas à divulguer ici, vu les circonstances…) Et en regardant mieux ce portait, c’est vrai qu’il me ressemble… La petite dame se lève et bégaie : « Non, ce n’est pas mon nom ! »
J’ai envie de faire semblant de ne pas être là, mais hélas, les personnes dans la salle qui me connaissent rient déjà en me regardant, et je suis bien sure qu’ils ne vont pas se gêner pour me dénoncer, les traîtres ! Je n’ai plus qu’à me lever moi aussi, et à dire tout haut : « Elizée, c’est moi… »

Les magiciens nous expliquent qu’il peut y avoir de petites erreurs, en effet, et que c’est donc moi, Elizée, dont ils vont parler. Je regarde ma sosie et lui dit : « Ah, vous avez eu de la chance, pas vrai ? » et elle me répond très finement en souriant : « Eh bien, attendons de voir ce qui va être dit sur vous, car comme c’est mon portrait, je ne me réjouis pas encore… »

A vrai dire, je ne suis pas très inquiète, car je suis très prudente sur Internet, j’utilise toujours un pseudonyme et je dévoile le moins de choses possibles : mais comment mon portait a-t-il pu sortir, alors que je ne publie pas de photos personnelles ? Soudain, je me souviens de l’exposition à laquelle j’ai participé, cette année-là, et qui a été relayée par la presse : une superbe photo de moi, avec mes poupées… C’est certainement cette photo qui m’a trahie ! Allez, c’est parti : on apprend mon nom, mon métier, depuis quand je suis à la retraite et ma « collectionnite ». Par contre, l’objet de ma collection a été difficile à deviner pour les magiciens car l’exposition en question était animée par les cartophiles : ils ont donc piétiné un moment, avançant que j'étais intéressée par les cartes postales, les vieux papiers, les journaux...et bien sûr je ne les ai pas aidés ! Mais ils ont fini par trouver qu’il s’agissait de poupées. Ils se sont vengés en précisant que je fréquentais beaucoup, vraiment beaucoup, Ebay et d’autres sites d’enchères et de ventes, mais enfin rien de bien extraordinaire pour quelqu’un qui collectionne… J’ai donc passé l’épreuve de vérité sans trop de dégâts, et la petite dame qui me ressemblait a été bien soulagée pour nous deux !

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La dernière personne à passer sur le grill était un jeune homme assis quelques rangs devant moi : bien sûr, ces malicieux magiciens avaient gardé le meilleur pour la fin.
-Bonjour, cher monsieur Untel, lui disent-ils en se frottant les mains. Vous avez tel âge, vous travaillez à tel endroit et vous résidez dans telle ville, au numéro tant de telle rue.
-C’est vrai, approuve le jeune homme.
-Vous habitez une petite maison mitoyenne à un étage. Si je rentre chez vous, je trouve la cuisine à droite, et le salon à gauche. Tiens, vous avez un beau canapé en cuir rouge, avec au-dessus un poster… de chevaux ?
-Ou-oui, répond le jeune homme, d’un ton peu assuré.
- Quand je regarde votre porte d’entrée de l’intérieur, continue un des magiciens, je vois bien que vous n’avez qu’une serrure simple, n’est-ce pas, pas une fermeture en trois points, ni d’autres verrous…
-Ben…
- A la cuisine, juste au-dessus du frigo, je vois que vous affichez un agenda, sur lequel toute la famille marque ses activités : voyons, voyons… Ah, les petites font de la danse le jeudi ? Car vous avez deux filles, n’est-ce pas, qui ont quatre et six ans, et qui s’appellent unetelle et Unetelle…
-Oh, dit le jeune homme, très gêné…
-Juste en face de la porte d’entrée, se trouve l’escalier qui mène aux chambres : à droite, la vôtre, à gauche, celle de vos filles, avec de jolis lits superposés…
Les magiciens referment l’ordinateur. Le spectateur s’assoit, mortifié. C’est le silence dans la salle, nous sommes tous bouleversés. Où cette personne a-t-elle pu poster tant de photos de sa vie privée et donner tant de renseignements, sinon sur les réseaux sociaux ? Et nous aussi, bien sûr, nous tenons des conversations qui semblent anodines avec notre famille, nos amis, et nous montrons les enfants qui jouent dans leur chambre, le bouquet de fleurs à la cuisine, une photo d’une fête à la maison, le tout sur notre page Facebook où nous nous sentons en confiance, oubliant que non seulement tous nos contacts, mais aussi les contacts de nos contacts, etc… autant dire n’importe qui, peuvent y accéder…

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Illustration Philippe JALBERT

Pour terminer la représentation, les magiciens reprennent des tours plus classiques et réjouissants (nous en avons besoin !), travaillant les trois ensembles sur la grande table au milieu de la scène, s’amusant à faire apparaitre et disparaitre de gros jetons dorés… des pièces d’or ? Soudain, la table s’éclaire par en dessous, et nous voyons la silhouette des continents de notre vieille Terre… Les pièces d’or se mettent à bouger seules, et magiquement, se déplacent d’un continent à l’autre et finissent leur course entassées dans certains pays, alors que d’autres sont complètement désertés. Je vous laisse deviner lesquels ! C’est la conclusion de ce drôle de spectacle de magie, pas vraiment conventionnel, vous l’admettrez !

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Le spectacle dont vous avez vu une petite partie à travers mes yeux s’appelle donc: « Qui vive », par Thierry Collet (Compagnie le phalène). Voici un lien qui vous montrera un extrait de ce que je vous ai raconté : https://www.youtube.com/watch?v=4XwRx83Zweo

 

Mes chers lecteurs,
je vous remercie d’avoir suivi mon récit,
et d'avoir ri et frissonné à mes côtés...
Prenez bien soin de vous 
et à bientôt pour de nouvelles aventures!

Amitiés,
Elizée

 

« J’essaie d’inventer des relations qui questionnent le public sur sa place et son rôle : quand je suis spectateur, est-ce que je suis passif, soumis à l’illusion ou la croyance ? Que veut dire regarder, ou participer ? Est-ce que j’ai vu la même chose que mon voisin ? Notre façon de regarder le spectacle de magie devient alors une métaphore de notre manière de voir le monde. La magie interroge notre perception et notre esprit critique, nos déterminismes et notre libre arbitre, notre envie de comprendre et nos possibilités d’agir. »
(Thierry Collet)

 

02/02/2016

Le spectacle de magie (suite)

Bonsoir, chers amis ! Prenez place à mes côtés pour la suite du spectacle ! Nous sommes toujours au théâtre et devant nous trois magiciens nous envoûtent aussi subtilement que les dangereuses sirènes tentant de détourner Ulysse de sa route ! Saurons-nous (pourrons-nous) résister ?

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La suite de notre spectacle est assez original : sur la droite de la scène est installé un écran, et on nous projette un film. Il s'agit d'une scène de magie ! Sur l’écran, un des magiciens, assis derrière une table, nous présente un éventail de cartes, et, s'adressant aux spectateurs, leur demande de choisir mentalement une des cartes… Dans la salle, nous nous plions au jeu de bonne grâce, mais comme nous sommes trois cents participants, il paraît peu probable que nous choisissions tous la même carte ! Je choisis pour ma part le valet de pique. Sur le film, le magicien est rejoint par un autre, et la caméra va de l’un à l’autre, chacun leur tour nous présentant des cartes différentes parmi lesquelles, affirment-ils, se trouvent toujours notre carte secrète (c’est vrai, mon valet de pique est bien là). Je regarde avec attention, cherchant où se situe l’astuce, mais je vous assure que ce ne sont pas toujours les mêmes cartes qui nous sont montrées. Pourtant, la mienne y est toujours et autour de moi, chacun a l’air de voir sa carte, à part une ou deux personnes qui font savoir qu’ils ne la voient plus… Le jeu dure un moment, puis la projection s’arrête.

Alors, un magicien sur scène nous demande ce que nous avons vu dans ce film : stupeur ! C’est évident ! Nous avons vu ce que je viens de vous raconter ! Mais l’homme insiste : et quoi d’autre ? Alors, après un silence assez long, des remarques se font timidement entendre :
-Vous étiez devant une table recouverte d’un drap bleu, avance un des spectateurs. 
-Pardon, mais il me semble que le drap était rouge, corrige un autre.
Pour ma part, impossible de me souvenir de la couleur de la table !
-J’ai vu un canard à droite à côté de la table, ose annoncer un monsieur d’une vois faible. (Là, je me dis, il est fou, celui-là !) Et une dame ajoute en riant d’un air gêné: - Et le canard bougeait !
(Quoi, qu’est-ce que c’est que cette histoire de canard ?)
-Une plante, aussi, précise un autre spectateur. Il y avait une plante à côté du canard !
Mes chers lecteurs, c’est incroyable, mais je n’ai rien vu de tout cela : ni plante, ni canard, ni couleur de la table… Moi je n’ai vu que les cartes !
Les magiciens insistent pour savoir si nous avons remarqué autre chose, mais non, nous n’avons rien vu d’autre…

43a0519640e63b61c5b5f55ebf7de53e.jpgAlors, l’écran s’éclaire à nouveau, et nous voyons à présent « le film du film » : une autre caméra fixe, placée plus loin, nous montre la scène de magie telle qu’elle s’est passée en réalité.
En fait, toute une agitation règne sur le plateau ; par exemple, lorsque la caméra filme en gros plan un des magiciens, deux personnes changent le drap de la table, qui de bleu devient rouge, puis jaune… De même avec le fond de scène, qui change de couleur plusieurs fois pendant que les cartes sont montrées en plan rapproché. Et mieux encore, et là je meurs de honte de ne pas m’en être aperçue : le premier magicien, habillé d’un tee-shirt vert, nous montre sa poignée de cartes ; puis pendant que la caméra filme en gros plan le second magicien, le premier enfile rapidement un tee-shirt rouge. Quand la caméra revient vers lui, il nous présente ses cartes habillé en rouge… et nous ne remarquons rien, obnubilés que nous sommes par les cartes ! Les magiciens changent plusieurs fois de couleur de tee-shirt pendant la scène… Quant au canard, c’est un bibelot qui est placé en effet à un moment à côté de la table, ainsi qu’une plante, puis chacun est retiré, et remis. D’où l’impression qui est restée à un des spectateurs qui a cru voir le canard bouger…

Je suis ébahie, et je ne suis pas la seule : tous les spectateurs se regardent en riant avec confusion ! Comment avons-nous pu être aussi inattentifs ? C’est incroyable ! Notre esprit, complètement absorbé par une situation, n’est plus capable d’appréhender l’ensemble de ce qui se passe. Nous devenons alors comme aveugles…

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"Qui vive", affiche du spectacle

Voilà comment, mes chers amis, ces magiciens d’un genre particulier nous ont donné à réfléchir! Nous croyons tout voir de la réalité, mais nos émotions, nos sentiments, ne nous laissent entrevoir qu’une petite partie de la réalité à laquelle nous sommes confrontés… Nous sommes de ce fait bien vulnérables quand nous sommes confrontés à des manipulateurs qui sauront capter notre attention sur des détails afin que disparaissent pour nous les choses essentielles qui auraient dû nous alerter.

Quel spectacle, n’est-ce pas ? Je vous laisse vous remettre tranquillement de cette improbable séance de magie, et je vous donne rendez-vous vendredi pour la scène finale… que j’ai appelée : « Internet, mon amour »… Bonne fin de soirée, mes chers lecteurs ! Merci d’être sortis avec moi ce soir, et à très bientôt !

Amitiés,
Elizée

(Pour lire la suite, cliquez ici !)

31/01/2016

Semaine 5 : exception !

Pour une fois, mes chers lecteurs, je n’ouvrirai pas mon agenda pour vous faire partager mes petites occupations de la semaine écoulée. Non, je vous ai préparé une autre surprise, qui vous plaira, je l’espère : sortez votre tenue de soirée et vos escarpins dorés, je vous emmène à un spectacle de magie !

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votre future panoplie

C’est une représentation à laquelle j’ai assisté en 2012 et qui s’appelle : « Qui vive ». Déjà, vous avouerez que ce n’est pas banal, un spectacle de magie avec un titre, comme une pièce de théâtre ! Justement, c’est ça qui est intéressant, car il s’agit de magie, certes, mais surtout d’une réflexion sur les rouages de l’illusion, sur les pièges de la manipulation mentale… Le comédien-magicien et ses deux acolytes (oui, trois magiciens sur scène, je vous prie de croire qu’on ne sait plus où donner de la tête !) ont décidé de nous montrer le dessous des cartes, nous aidant à comprendre l’intérêt qu’il peut y avoir à rester sur le « qui vive », et pas seulement le temps de la représentation… Publicitaires, représentants, banquiers, courtiers, hommes politiques peuvent être eux aussi d’excellents prestidigitateurs !

Tout commence de façon classique. Une scène, donc, avec une longue table recouverte d’un drap, sur laquelle les magiciens réalisent leurs tours: gobelets avaleurs de pièces, cartes magiques qui apparaissent et disparaissent des jeux, ficelles qui se dénouent et se renouent… D’abord nous assistons au tour normalement, puis le tour est refait plus lentement, afin que nous puissions suivre les gestes qui permettent l’illusion. Les gobelets utilisés sont transparents pour que nous puissions suivre le cheminement de la pièce d’or du gobelet à la main du magicien, puis à sa poche… C’est très subtil et les « Oh ! » et les « Ah ! » fusent dans le public.

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"Qui vive", extrait de spectacle

Pour ma part, je reste assez indifférente : j’ai gardé de l’enfance un regard complètement émerveillé par rapport à la magie et rien ne peut gâcher mon plaisir. Même si ma raison cherche à me convaincre que tout est truqué, je suis quand même encline à croire au fantastique : c’est comme pour le Père Noël ou la Petite Souris des dents… Alors, voir les tours expliqués n’entame en rien ma naïveté, je suis toujours prête à croire que c’est « pour de vrai » !

Mais le « tour » suivant va me faire sortir de ma réserve, jugez vous-même.
En fond de scène, on voit de grands panneaux de différentes couleurs, qui peuvent être déplacés. Un spectateur est appelé sur scène : il s’assoit derrière une petite table, face à nous. Un acolyte change les panneaux du fond et les met dans un ordre aléatoire. Le spectateur sur scène doit reproduire devant lui, à l’aide de cartes, la succession de couleurs qui sont derrière lui, et qu’il ne peut pas voir. Nous suivons la façon dont le choix des cartes est réalisé : le magicien lui propose des cartes trois par trois, et il doit en choisir une, qu’il place devant lui.

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"Qui vive", extrait de spectacle

Régulièrement, le magicien lui demande si c’est bien son choix, s’il ne veut pas changer. Selon le cas, le spectateur reste sur son avis premier ou se ravise… On a l’impression que le spectateur est libre en choisissant ses cartes et en les positionnant les unes par rapport aux autres. Et pourtant, comme si c’était parfaitement naturel, il met petit à petit sur la table les couleurs du fond, et dans le bon ordre ! Là, je l’avoue, je suis subjuguée : comment le spectateur a-t-il pu être guidé, sans que ni lui, ni nous (nous sommes environ trois cents témoins), ne nous soyons aperçus de rien ? Serions-nous si sensibles à la suggestion, que nous avons l’impression de garder notre libre arbitre alors qu’un rusé renard nous fait entrer dans son terrier ? Je suis troublée… et bien décidée à être encore plus vigilante quand je dois effectuer un achat, juger d’une situation qu’on me rapporte à la télé, ou… analyser le discours d’un homme politique pour lequel je voudrais voter!

Pour nous remettre de nos émotions, un autre spectateur est appelé sur scène : un des magiciens le reçoit avec de grandes démonstrations d’amabilité et… le dépouille entièrement, sans que nous nous apercevions du moindre geste suspect ! Il lui prend son portefeuille, son téléphone, son stylo, son paquet de mouchoirs, son agenda… Et lui redonne, et lui reprend… C’est l’enfer ! Le pauvre spectateur ne sait plus où donner de la tête : à peine a-t-il remis son portefeuille dans une poche (à l’intérieur de sa veste, pourtant), qu’il se fait voler son téléphone ! Et pendant qu’il remet son téléphone en place, c’est le stylo qui n’est plus là ! Et pourtant, tout en tournant autour, le voleur semble se tenir un peu loin de sa victime, je jugerais qu’il ne l’a pas touchée!
Pour finir, le pauvre spectateur repart à sa place, enfin rechargé de toutes ses précieuses possessions. Toutes ? Pas vraiment, car quelques minutes plus tard, lors du tour suivant, le magicien sort de sa poche… la carte bancaire du pauvre homme qui ne s’était même pas rendu compte qu’elle avait disparu ! Quels applaudissements dans toute la salle ! Mais un rire un peu jaune de la victime…

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Si nous passions une commande groupée ?

Mes chers lecteurs, comme le spectacle est très long, je vous abandonne à votre joie de n’être pas celui qui s’est fait plumer, et je m’arrête là pour l’instant. Mais je vous inviterai encore deux soirs à me rejoindre au théâtre : Mardi, nous nous retrouverons pour comparer nos différentes visions de la réalité et vous verrez… qu’on ne voit pas grand-chose ! Et jeudi sera le rendez-vous à ne pas manquer: vous assisterez à mes côtés à la partie du spectacle qui a motivé cet article. Nous parlerons en effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, d’internet et de vie privée, et je peux vous garantir que vous sortirez décoiffés, comme moi en 2012! Et c'est jeudi aussi que vous comprendrez en quoi ce spectacle est en rapport avec mon engouement pour les poupées... mystère, mystère...

Pour ce qui est de l’Agenda, nous reprendrons notre rendez-vous habituel dimanche prochain.

A mardi soir, donc, chers amis, pour notre prochaine sortie ! Merci de m’avoir accompagnée aujourd’hui et… il me tarde déjà de vous retrouver !

Amitiés,
Elizée

(Cliquez ici pour lire la suite !)